Mont Signon et Narces de Chaudeyrolles
Journée lumineuse, pour parcourir ces deux "sentier découverte".Le premier, permet de découvrir les narces (marécage) de Chaudeyrolles.C'est un maar,...
Le 09-08-2019 par Geoffroy Rémi · Monts du Velay · Mont Signon 1455 m
Une rando pas bien longue, facile mais variée, qui associe lauzière et tourbière, deux circuits très contrastés voire opposés : la brève ascension d’un ancien volcan, dôme de phonolites longtemps exploité comme carrière de lauzes par des "lauzerons" qui ont creusé et fouillé son sommet en tous sens, d’où son aspect lunaire tout en creux et en bosses, humanisé toutefois par la présence de nombreuses cabanettes. Et puis, la tranquille déambulation autour d’une tourbière en voie d’assèchement, où paissent de paisibles troupeaux, mais au bord de laquelle la présence d’une cascade au fond d’une gorge étroite apporte une touche sauvage inattendue.
Avec Sylviane nous avons flâné tout du long sans nous presser. Une fois au sommet du Mont Signon, je l’ai sillonné en tous sens, faisant sonner les lauzes sous mes pieds, allant de cabanette en cabanette, de tranchée en tranchée, et essayant de deviner le maximum de sommets visibles aux quatre coins de l’horizon (pour les Alpes, faudra repasser, évidemment). Puis on a pique-niqué là, comme il se doit, tout seuls toujours dans ce décor austère et minéral.
Ce n’est qu’au tout début de la descente qu’on a enfin croisé un jeune couple sympa, qui venait de monter par le versant Sud (ça tombait bien). Après une très belle vue plongeante sur les Narces, on a rejoint Chaudeyrolles et on a enchaîné tranquilles avec le tour de la tourbière. Petite déception au début, je ne retrouve pas vraiment ce qui fait pour moi le charme secret de ces espaces insondables (ah la tourbière du Mont Bar !…). Heureusement arrive la bifurcation de la cascade : je ne résiste pas, et pendant que Sylviane fait la sieste à l’ombre d’un sapin, je m’échappe dans le vallon à la recherche de ma cascade. Je ne serai pas déçu, même s’il n’y coule aujourd’hui qu’un mince filet d’eau, suite là encore à la sécheresse de cet été particulier. L’endroit est encaissé et sauvage, et plus encore si on décide de continuer la montée vers le sommet de la chute - je n’ai pas hésité une seconde, le chemin parait évident, et sa raideur m’enchante, dommage que ce soit si court !
De retour au départ du vallon, je retrouve Sylviane, non sans mal (elle avait changé d’endroit vu la force du vent qui l’empêchait de lire son journal…) et on continue notre tour. C’est petit à petit, sur le chemin du retour vers Chaudeyrolles, qui traverse, lui, la tourbière en son milieu, que je retrouve enfin ce qui en fait pour moi la beauté cachée : ces herbes d’un vert très clair, ces sortes de joncs, ou encore de mousses, spécifiques de ces milieux humides, qui alternent ici avec des parcelles plus banales, des prés fauchés, ou encore des pâturages avec de nombreux troupeaux de bovins ou d’équidés disséminés un peu partout dans cette immense cuvette. Bref, aujourd’hui, ce qu'on a découvert, c’était la Haute Loire un peu à l’écart des grands axes et des sommets connus. Celle d’un autre temps, celui des lauzes que l’on allait extraire et tailler pour recouvrir les toits, celui de la tourbe que l’on recueillait pour chauffer les poêles et les fourneaux, à l’image de ce beau village de Chaudeyrolles, où tant de choses - les vieilles bâtisses parfois ruinées et parfois joliment retapées, les vieilles fenêtres aux vitres doubles, les vieilles charrues ou autres instruments tout rouillés épars ici ou là - disent ce passé désormais révolu, mais qui s’efforce comme tant d’autres de vivre dans le présent, de valoriser ses atouts pour attirer des visiteurs et des habitants, pour continuer à exister et à se développer.
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