Décidément l'hiver tarde à venir... et l'automne semble laisser le pas à un temps que même l'été ne nous aura pas donné. Le vent tourne aujourd'hui, il passe du Nord au sud, aussi choisissons-nous un itinéraire bien exposé aux doux rayons solaires. De la neige nous n'en verrons que de maigres traces à l'approche du sommet.
Au détour d'une crête nous commençons à sentir la brise méditerranéenne... Si elle n'en a pas les odeurs salées, elle souffle cependant de douces températures qui tranchent avec les frigos que sont les parties ombragées. Plus haut encore le vent forci nous faisant même douter du retour par les airs... Montons, je ne connais pas la balade et la limpidité de l'air permet de scruter les montagnes au loin, elles paraissent étonnamment proches et précises, un régal des yeux. Un autre parapentiste nous précède mais nous ne verrons rien d'autre que son sac qui rapetisse à vue d'oeil tant la distance qui nous sépare augmente rapidement. Il disparaît derrière le sommet et jamais nous ne le reverrons ?
Arrivé au Cret de Lognan, la question est cornélienne, faut-il profiter des conditions encore fréquentables ou poursuivre jusqu'au sommet quitte à rater le créneau qui s'offre à nous ? Aller on tente le coup. Bonne pioche, au sommet le vent est parfaitement orienté ni trop fort. Fort aimablement Éric me propose l'opportunité de descendre jusque dans la vallée, j'accepte volontiers et prépare la voile pour partir en fusible.
La brise de face permet un envol rapide et je me mets en attente sur la crête le temps qu'Eric finisse de se préparer. Bientôt il me rejoint, nous laissons la crête pour fouiner du côté de Lognan... ouch, le vent est beaucoup plus fort de ce côté, Éric se régale au dessus du sommet, il balance la voile et jongle avec la brise tel un chocard facétieux. Je reste prudemment devant le relief et opte pour la sagesse, partir haut vers le sud pour avoir une réserve si jamais le vent me contre trop.
Le début de la longue descente est un peu laborieux, Éric pendant ce temps est scotché sur le sommet et semble s'amuser dans la brise, c'est superbe à voir, petit à petit le sommet s'éloigne et sa voile ne devient plus qu'un point de couleur dans le bleu du ciel éclatant. La suite de la descente est calme, le vent porte finalement très bien et je traverse la vallée avec bien 1000 m de gaz. Les hommes, minuscules fourmis, s'agitent en tous sens dans la vallée, de longs trains comme de serpents se croisent Sur les chemins de fer luisant, le jaune des arbres colorent les reliefs. En bas pas trop de vent.
Un dernier regard dans rétro me permet de voir un petit liseré de couleur sur le sommet tout à l'heure invisible. Il me semble qu'Eric vient de se reposer à la cime. Un sms de sa part me confirme la chose. Il ne me reste plus qu'à profiter de la douceur pendant qu'Eric en termine avec la descente qui pourrait durer toute la journée là-haut. Voilà une bien belle sortie dans un cadre somptueux.
Pour illustrer la sortie, une interprétation incroyablement aérienne de
Le vent nous portera par Sophie Hunger la Suissesse enchanteresse.
Coin-Coin