Retraite au monastère (Aiguille de Chalais)
Après ce vol plutôt stressant du Châtel hier, il nous fallait faire dans la spiritualité alors nous décidons d'aller au monastère...
Le 10-03-2013 par Michel Pila · Chartreuse · Aiguille de Chalais 1089 m
Que ce soit le décollage, le vol ou encore l'atterrissage, tout s'est passé dans une extrême douceur, même le petit thermique juste devant le décollage est resté sympathique, permettant à la voile de danser devant la prairie dans des délicates circonvolutions. Mais rembobinons le film...
Il y a longtemps que je ne suis pas venu voler à l'aiguille de Chalais, mon dernier décollage ici doit dater d'une bonne quinzaine d'années. Aussi en posant la voiture à l'attéro suis-je étonné de ne pas reconnaitre le site. En fait le champ est plus au sud. La brise matinale est déjà installée. Monter sur cette large piste n'est pas inintéressant malgré les séquelles d'une industrie lourde encore bien présentes. C'est curieux de voir tout ces équipements à l'abandon, le silence prend une sonorité particulière, comme si la mémoire des lieux contenait de manière sous-jacente le bourdonnement monotone des machines qui devaient tourner nuit et jour. Et puis on laisse peu à peu les stigmates des carrières, la piste devient sentier et tout a coup la nature reprend ses pleins droits. La renaissance de la végétation me fait brusquement penser à L'enchantement du Vendredi Saint Mais c'est pour bientôt!!!!
Le monastère règne toujours sur les prairies qui sont encore vides des bêtes à ce jour, il faut dire que la neige vient à peine de disparaître, cédant la place à une herbe encore bien chétive. Le vent prend des allures sympathiques,tout devrait bien se passer sur le décollage. Effectivement là-haut une belle petite brise parfaitement orientée m'attend. Il faut quand même placer quelques petites pierres pour caler le bord de fuite, les thermiques passent à intervalles réguliers et secouent un peu le tissu encore inerte au sol. Un petit coup de fil pour prévenir Jeannot et je finis de me préparer.
L'envol se fait sur place, la prise en charge est immédiate et les courants ascendants bien disciplinés s'occupent du reste, je zone un peu devant la prairie avant de filer vers Voreppe. La suite du vol est calme, quant à l'attéro, la brise de sud n'a pas forci, elle reste bien présente mais parfaitement laminaire. Je me pose comme une fleur dans le terrain réservé, juste à coté de la biroute qui ne ressemble plus à rien sinon qu'à une vieille chausette défraîchie. Jeannot est dans le pré, il m'aide à replier la voile. Des conditions de vol pareilles laissent entrevoir la possibilité de poursuivre l'activité pendant au moins vingt ans... 72 ans, c'est encore jeune de nos jours...
*Tiré de Parsifal évidemment, bon vous n'êtes pas obligé de vous taper les 9mn de musique, mais moi j'aime bien... Au fait qui a dit que la musique de Wagner n’était que bruit et fureur ?
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