Par REGIS CAHN, le 31 Oct 2006 à 12h  J'ai suivi la première session de formation et franchement, il me paraît indispensable en tant que pratiquant de la neige, d'assister à ce genre de réunion- conférence et débat !
N'hésitez pas à vous incrire !
Régis Par REGIS CAHN, le 15 Dec 2006 à 12h  Attention, pas d'inscription sur place !
HEURES THÈMES DES SESSIONS INTERVENANTS / ANIMATEURS
8H45 Introduction : présentation des intervenants
Programme de la journée
9h " Neige et Avalanche "
• Influence des conditions météorologiques sur le risque d'avalanche
• Les mécanismes du déclenchement des avalanches de plaque
• Questions / réponses : discussion avec le public
Frédéric Jarry (ANENA)
François Sivardière (ANENA)
10H30 Pause
11H " Facteurs humains "
• Influence du comportement sur le risque d'avalanche
• Les pièges de l'inconscient
• Questions / réponses : discussion avec le public Frédéric Jarry
Nicolas Raynaud (FFCAM)
12H30 TEMPS LIBRE
14H " Choix de la trace "
• Analyse d'un exemple
• Études de cas à partir de photos
• Discussion sur les cas étudiés Dominique Stumpert (Guide)
Les participants
15H30 Pause
16H " Secours pour les compagnons "
• Analyse d'un exemple
• Questions / réponses : discussion avec le public Pierre Durand (PGHM)
17H30 Conclusion / fin Par REGIS CAHN, le 22 Dec 2006 à 08h  Texte provenant du site : http://www.acamontagne.com/index.php?option=com_content&task=view&id=201&Itemid=41
19-12-2006
A croire que les formations et autres conférences sur le thème des avalanches rencontrent toujours beaucoup de succès. Après la salle pleine à Chamonix lors de la conférence d’Alain Duclos (cf notre article précédent sur ce thème), c’est au tour de la formation organisée par l’ANENA (Association Nationale d’Etude des Avalanches) de réunir plus de 400 personnes, tous pratiquants de montagne, à ski, à raquettes, ou en surf, dans la salle du CRDP de Grenoble.
La journée était animée par François Sivardière, Frédéric Jarry (ANENA), Pierre Durand (PGHM 3 , Nicolas Raynaud (FFCAM), et Dominique Stumpert (guide de Haute Montagne, travaillant notamment sur la formation des guides)
Organisée sur la journée entière, la formation s’est voulue interactive, mélange de théorie et de pratique, notamment par l’étude, l’après midi, de cas pratiques.
MATINEE
1ère partie : Neige et Avalanche
Frédéric Jarry rappelle les quelques principes qui provoquent la transformation des cristaux de neige, et ce, qu’il s’agisse d’une transformation sous l’effet d’une action mécanique -comme c’est le cas lorsque la neige tombe au sol, ou lors de chocs mutuels provoqués par le vent- ou sous l’effet d’une action thermodynamique -c’est le cas en présence d’eau liquide, ou de l’instauration d’un gradient de température plus ou moins élevé.
Le gradient de température est constitué de la différence entre deux températures prises dans le manteau neigeux, ramenée à la distance qui sépare les deux températures.
Qu’ils soient mécaniques ou thermodynamiques, ces phénomènes provoquent des changements d’états de la neige. Ils vont notamment favoriser de façon plus ou moins importante la création de couches fragiles ou la création de plaques, moteurs des avalanches accidentelles. Les couches fragiles sont recouvertes de plaques de neige plus ou moins épaisses, et leur constitution peut provoquer, plus ou moins facilement, le glissement des plaques qui les recouvrent..
Le modèle utilisé pour expliquer les ruptures de plaques est celui présenté par Alain Duclos, qui, en s’associant à François Louchet, a donné un modèle particulièrement intéressant (voir notre article précédent sur ce sujet). Ainsi, on retrouve les 4 étapes nécessaires à la rupture, et au déclenchement des avalanches, à savoir :
l’initiation de la rupture de la couche fragile (par exemple sous l'effet du passage d'un skieur),
la propagation artificielle de la rupture de la couche fragile (toujours par le skieur, par exemple), ou spontanée,
l’initiation de la cassure linéaire de la plaque qui recouvre la couche fragile,
la propagation de la cassure linéaire au sein de la plaque.
L’initiation de la rupture est favorisée par les couches minces (car le passage d'un skieur est peu amorti et son poids atteint plus facilement la couche fragile), ce qui explique que nombre d’avalanches partent en cas d’un faible enneigement.
On comprend alors, par ce modèle, plusieurs phénomènes tels que :
le délai de rupture entre le passage d’un skieur et le déclenchement de l’avalanche (le temps pour les ruptures de se propager, et d’atteindre une taille dite critique, à partir de laquelle les couches supérieures glissent),
le déclenchement à distance d’avalanches, pouvant se déclencher très en amont du passage du skieur (toujurs sous l’effet de la propagation de la rupture)
De la même façon, on explique que plus la plaque est dure, plus elle est difficile à déclencher et plus l’avalanche sera importante.
Inversement, plus une plaque est friable, et plus l’avalanche sera facile à déclencher, mais moins elle sera de très grande ampleur.
A noter qu’il est rare de déclencher artificiellement, par le passage d’un skieur, une plaque dont la couche fragile se situe à plus de 1 mètre à 1,2 mètres de profondeur.
Connaissant ce modèle, comment faire les traces de descente ?
Tout dépend des conditions de neige.
Dans le cas d’une neige friable (poudreuse), mieux vaut faire des traces très distantes ou très rapprochées. Le passage dans la même trace peut provoquer une superposition de poids et impacter davantage la couche fragile que ne l’avait fait le premier passage.
Enfin, si vous pensiez qu’il y avait davantage d’accidents à la descente qu’à la montée (dans le cas des pratiquants du ski de randonnées), et bien c’est une erreur. Une étude -portant sur les pratiquants de ski de randonnées- a démontré la parité !
2nde partie : le Facteur Humain
Ah ce facteur humain !
Plusieurs pièges de l'inconscient humain favorisent les accidents. Il est d’ailleurs troublant, à la lecture des témoignages d’accidents, de réaliser combien nous sommes tous sous l’effet de ces facteurs :
sensation de rareté (« une telle descente ne se rate pas »)
pris par l’habitude (« ici il n’y a jamais rien eu »)
l’aura de l’expert (« si d’autres plus forts que moi y sont déjà c’est que c’est bon… »)
l’obstination et la motivation (« on n’est pas venus pour rien »)
la séduction (« je vais leur montrer que ça passe sans problème »)
le positionnement social (« bande de poules mouillées ! »)
On ne le dira jamais assez : une course se prépare. D’abord sur une carte, avec un Topo et avec le Bulletin d’Avalanches (le BRA) dont on ne considérera le niveau de risque qu’indicatif, et dont on s’attachera plus particulièrement aux autres informations, relatives aux conditions de déclenchement d’avalanches (pentes exposées, charges nécessaires pour déclencher un départ de plaque).
On rappellera à cette occasion la maxime de Dominique Stumpert : « un topo qui a vieilli ce n’est plus un topo, c’est un livre d’histoire ». Il convient de se méfier des idées reçues consistant à suivre un topo coute que coute. Les terrains changent avec le temps (fonte des glaciers, coulées, conditions différentes de celles qui existaient lors de sa rédaction...).
Autres idées reçues : les pentes à l’ombre ne sont pas les plus sures, loin d’en faut ! En effet, c’est à l’ombre –et à fortiori aussi dans les pentes nord- que les couches fragiles se développent le plus facilement.
Enfin, la méthode Munter est évoquée, étant rappelé que deux méthodes existent :
la méthode Munter en elle-même
la méthode de réduction
La première est un véritable travail de synthèse de tous les éléments à prendre en compte pour évaluer les risques, lors de la préparation, juste avant, et pendant une course en montagne, et en prenant des facteurs humains, géographiques, et nivologiques. C’est la méthode 3x3 adoptée par les guides Suisses.
La seconde est une méthode plus réductrice selon les intervenants, qui est à manier avec d’infimes précautions.
Il est rappelé l’importance du choix du leader dans une équipe, car c’est à lui que reviendra de prendre les bonnes décisions quant au choix de la trace, de son placement vis-à-vis des autres de façon à être très rapidement sur les lieux des secours après une éventuelle coulée. C’est à lui aussi qu’il conviendra d’organiser les secours en cas de besoin.
3è partie : les secours – présentés par Pierre Durand, du PGHM 38
Voici les 10 commandements du rescapé :
Au moment de la coulée, je regarde tout
Il faut observer le plus possible les lieux.
Je suis du regard les personnes emportées
C’est crucial pour orienter les recherches dans des lieux où il est probable que les personnes sont enfouies
Je scrute le moindre détail à la surface de la neige
Une fois la coulée descendue, il est important de regarder les traces de corps non recouverts, ou tous les indices qui laissent à penser que les compagnons sont à un endroit précis
Je donne l’alerte, sans préjudice des personnes emportées (numéro de secours : le 112, utilisable sur n’importe quel téléphone, y compris portable, dans toute l’Europe, ce numéro est prioritaire par rapport aux autres numéros)
L’alerte est importante, certes, mais elle ne doit pas se faire au préjudice des personnes qui seraient partiellement ensevelies, et pour qui il est urgent d’intervenir.
Le PGHM ne peut intervenir moins d’un quart d’heure après l’alerte. Or, ce délai est très long pour une victime qui a 90% de chances de survie dans le premier quart d’heure. Il convient donc, lorsqu’on a des éléments tangibles permettant de sauver des vies, d’intervenir très rapidement, avant même de donner l’alerte. Si le nombre de coéquipiers est suffisant, on peut alors faire donner l’alerte sans préjudice du temps d’intervention.
Si on est seul pour les recherches, mieux vaut appeler les secours après la première demi heure plutôt que de perdre du temps pendant le premier quart d’heure qui doit servir à la recherche.
J’organise les recherches ARVA
Il est important de s’assurer –personnellement- que les ARVAS sont mis en position de réception. Y compris pour les personnes qui sont dégagées.
Il est aussi important de répartir le secteur des recherches par coéquipier.
Attention, un téléphone mobile proche d’un ARVA en réception, peut provoquer une interférence. Il s’avère dont utile lors d’exercices, de vérifier les interférences entre son téléphone et son ARVA, et d’agir en connaissance de cause pour prendre la bonne décision (éloigner ou couper son portable).
Quant à savoir s’il vaut mieux mener les recherches skis aux pieds ou à pieds, cela dépendra de la neige. Mais il est souvent conseillé de commencer les recherches avec les skis aux pieds, et sac sur le dos (ce serait dommage de s’apercevoir, alors qu’on approche de la victime, que la pelle et la sonde sont restées dans le sac à dos, posé 100 mètres plus haut !!!).
La sonde est montée en dernier ressort, juste avant le sondage.
Une fois la position du corps repérée par la sonde, la sonde est laissée sur place et on peut alors commencer à peller. Utiliser une pelle digne de ce nom !
Je veille à utiliser au mieux chacun de mes camarades
Selon leurs compétences, et leur état de choc, il convient de les orienter sur les missions suivantes :
Recherches
Préparation de l’arrivée des sauveteurs
Surveillance de la sur-avalanche
Réconfort, réchauffage, et surveillance continue des secourus
Je gère le dégagement des victimes et les premiers soins
Le dégagement ne doit pas se faire en creusant un trou verticalement, mais, en profitant de la pente, de façon à dégager un espace suffisant pour créer un espace naturel qui permettra de pratiquer les premiers gestes sur la victime.
Je prépare l’arrivée des sauveteurs
Il est crucial de ne pas laisser des affaires s’envoler à l’arrivée de l’hélicoptère (une couverture de survie dans un rotor d’hélicoptère, ça fait des dégâts !).
De même, s’assurer que la zone d’atterrissage est libre et dégagée.
J’informe les sauveteurs dès leur arrivée
Il est important de spontanément se présenter et relater précisément les sauveteurs des faits survenus.
Je me dis que cela peut arriver
Il convient de rester humble et de ne pas estimer que cela n’arrive qu’aux autres.
Enfin il est rappelé l’importance de se former régulièrement à la recherche ARVA, au moins une fois par an. Les parcs fleurissent pour cela un peu partout et les stations organisent régulièrement des opérations de formation.
Seule la formation régulière permettra d’assurer les bonnes réactions lors de l’accident, et ce d’autant plus que l’accident est toujours traumatisant pour ceux qui le vivent, et peut diminuer nos réflexes.
Ce résumé ne peut pas être exhaustif et ne remplace pas une pratique régulière et sérieuse des secours. De même, il est important de connaître les premiers gestes de secours, tels qu’ils sont par exemple dispensés lors de l’AFPS (Attestation de Formation aux Premiers Secours).
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